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Avis d'expert - Septembre 2005
Le "zéro papier" est-il pour demain ?
L’idée selon laquelle il serait possible de gérer des affaires humaines sans utiliser la moindre feuille de papier reste un mythe.
Mais la dématérialisation des documents dans l’entreprise poursuit son chemin.
Dans ce domaine, le Canada donne l’exemple. Selon CA Magazine, le cabinet comptable Sega LLP à Toronto a mis en œuvre une stratégie
« zéro papier » dès janvier 2004. Harold Garfinkel, associé, y voit trois avantages : "Une économie de temps, des bureaux numériques
qui nous donnent une image de précurseur auprès des clients, et plus de facilité pour attirer et recruter du personnel".
Retrouver un document à tout moment
« La dématérialisation des documents nous a permis de gagner du temps et d'améliorer notre image auprès de nos clients. »
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C’est un jeu d’enfant de retrouver un document généré précédemment, simplement pour vérifier un petit détail ou pour l'actualiser.
"Nous avons au bout des doigts l’ensemble des dossiers historiques du cabinet" ajoute un autre associé de Sega LLP, Trevor Lukey.
"Lorsqu’un client appelle, il n’y a plus de « on vous rappellera plus tard » ou de « je vais chercher le document au centre de documentation ».
C’est merveilleux de pouvoir retrouver la correspondance, à tout moment, ou de pouvoir mettre à jour ou consulter des notes informelles dans
un dossier, avec un effort minime." Le cabinet a ainsi pu augmenter le pourcentage de ses heures facturables.
Les effets pervers de la dématérialisation
Est-il profitable de passer au « zéro papier » ? Oui, à condition de faire preuve de pragmatisme. Les nouvelles technologies
ne doivent pas supplanter l’ensemble des outils traditionnels existants. "Nous nous sommes rendus compte que la plupart des
entreprises qui se sont fixées comme objectif « zéro papier » allaient au suicide", note Andréas Agathocléous de l’Agence nationale
pour l’amélioration des conditions de travail (ANACT). "Les employés trichent en mettant des papiers dans leur poche, en écrivaient
sur les badges, les mains…Ils ont besoin d’utiliser la matérialité et celle-ci joue un rôle très important dans leur activité".
Supprimer le papier quand c’est possible
Si l'on entend par « zéro papier » la fin du support papier, l'immense majorité des professionnels s'accordent à dire qu'il s'agit
d'un mythe technologique. La dématérialisation des contenus a comme effet pervers l’augmentation du nombre d'impressions. "Avec l'arrivée
de l'e-mail, nous avons observé une augmentation de 40 % de la consommation de papier dans les entreprises", explique Roland Tripard,
directeur associé d'I-com, dans une interview donnée à Archimag en octobre 2004.
« L'arrivée de l'e-mail a entraîné une augmentation de 40% de la consommation de papier dans les entreprises. »
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Chez les gros consommateurs de documents administratifs, à l'instar des banques ou des assurances, le sujet est pris très au sérieux.
Mais le « zéro papier » fait alors partie d'une démarche qualité qui consiste à dématérialiser les échanges et à supprimer le
document « papier » seulement quand cela est possible. AGF a commencé par centraliser ses expéditions de courrier sur une plate-forme
unique avant de dématérialiser l’envoi d’une partie de ses documents.
Tenir compte de la résistance au changement
Une étude réalisée en 2004 par l’Observatoire des échanges électroniques professionnels permet de se faire une idée précise des
applications de dématérialisation recherchées par les entreprises. À l’incontournable binôme bon de commande/bon de livraison se sont
ajoutés en quelques années deux nouveaux flux : les factures et les déclarations sociales. Les catalogues électroniques ont aussi le
vent en poupe. Bruno pépin, le délégué général d’Edifrance, note que les projets d’échange électroniques sont immanquablement pris comme
des projets techniques. "Ce qui est une analyse trop limitée car la résistance au changement de l’organisation est le principal frein au
développement de ce type de projets".
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