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Avis d'expert - Mai 2009
Mobiliser l'intelligence collective avec l'entreprise 2.0
Au départ, il s’agit de transformer l'intranet d'entreprise en une plateforme gérée par l'utilisateur et tournée vers la collaboration. Mais l’Entreprise 2.0 ne se limite pas seulement à améliorer des technologies existantes. C’est aussi une approche organisationnelle nouvelle qui modifie la culture d’entreprise existante et change les critères de performance selon lesquels sont évalués les employés.
Un modèle qui valorise l’organisation informelle
Le principal avantage offert par ce modèle organisationnel est qu’il permet de renforcer les liens existants entre les employés et d’en établir de nouveaux, auparavant impensables. De ces liens émerge une véritable capacité d’innovation.
"Tout le monde connaît l’importance de l’organisation informelle. C’est dans ce cadre que le gros du travail se fait et que l’innovation survient, souligne Andrew McAfee. Les technologies du Web 2.0 rendent simplement cette organisation informelle plus visible."
Dans l’idéal l’Entreprise 2.0 permet de mobiliser l'intelligence collective de nombreuses personnes. Chacun prend conscience qu’il est en interrelation avec d’autres et que la coopération est au cœur de son travail. L’avantage concurrentiel ainsi obtenu doit alors se traduire par une augmentation de l'innovation et de la productivité.
Lever les freins qui libèrent l’agilité collective
En réalité, des freins existent, qu’il faut pouvoir lever pour libérer l’agilité collective.
Le premier obstacle est lié à la qualité de l’animation pour créer des liens transversaux entre les collaborateurs.
"Les jeunes employés âgés de 18 à 35 ans vont se montrer les plus actifs dans une collaboration quotidienne. Ce sont eux qui essayent de mettre au point les outils du Web 2.0 (Réseaux sociaux, Blogs, Wikis, Mondes virtuels, …) qui soutiennent l’entreprise 2.0. Souvent ils le font en se mettant un peu à l’écart, sans attendre un feu vert officiel, mais en espérant qu’on va les adopter. Et ils doivent faire face à l’inertie de la majorité qui répugne à changer ses habitudes de travail", souligne Mary Beth Kemp de Forrester.
Le deuxième obstacle est d’ordre technologique. L’accès à l’espace de collaboration doit être simple. Trop de fonctionnalités étouffent l’envie d’aller plus loin.
Le troisième obstacle est lié à l’attitude de la direction générale. Elle doit faire preuve de bienveillance en n’étant ni interventionniste, ni ignorante de ce qui se passe.
L’Entreprise 2.0 favorise l’engagement des employés
Sur son blog, Bertrand Duperrin constate que l’Entreprise 2.0 amorce enfin son virage vers l’entreprise.
"Un mouvement salutaire est enfin en train de s’amorcer dans le petit monde de l’entreprise 2.0. C’est l’amorce d’un virage entre la vision qui faisait de l’utilisation d’outils un objectif en soi et celle qui en fait un élément d’un système."
Il explique que l’entreprise doit apprendre à gérer d’abord ses processus de management (business process management) qui renvoient à l’aspect traditionnel de son activité.
Elle doit ensuite favoriser sa capacité à s’organiser en structures ad hoc, provisoires et reconfigurables, afin de faire face à une situation donnée.
"C’est un aspect, souligne-t-il que l’Entreprise 2.0 permet de traiter plus efficacement". Elle doit aussi créer de nouvelles modalités d’engagement des collaborateurs.
La performance collective se rejoue tous les jours ; pour Bertrand Duperrin, c’est un aspect fondamental de l’Entreprise 2.0.
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